
Un fait divers de l’ère victorienne se dévoile en filigrane, autour des sœurs Fox qui communiquaient avec les esprits. En parallèle à cette ambiance gothique l’auteure convoque celle tout aussi étrange des années 69-71 à Hollywood, temple des sectes hippies, des starlettes en devenir et d’une idéologie inquiétante et joyeuse qui berça aussi son enfance. Comme une auto-fiction poétique caméra au poing, le récit alterne les époques, revient sur ces femmes, héroïnes amplifiées par des états modifiés de conscience.
Livre accompagné du CD Post-Gradiva.
Parution : Éditions de l'Attente, août 2017
À propos de l'ouvrage
Lire, écouter Sandra Moussempès, c’est accepter d’être affecté, d’entrer dans un univers de mondes emboîtés les uns dans les autres, d’être pris dans des jeux de miroir qui font de chaque séquence un objet d’anamorphoses.
Richard Blin, Le Matricule des Anges, Septembre 2017
Multiplying cut-outs of materials, Moussempès creates the effect of a supernatural hall of mirrors. A prince charming may be baited by this play of fairy-tale signs, as unwitting readers and viewers are by the simulacra of popular culture. Indeed, Moussempès both approaches occult phenomena satirically as she does here, while simultaneously experimenting with poetry as an altered state of consciousness (…)
Eric Lynch, L’Esprit Créateur (États-Unis, automne 2018)
Parce que les expériences de l’invisible ne peuvent que damer le pion aux cadres classiques d’intelligibilité, tant elles excèdent le corps et le langage, quand elles n’en exposent pas les trous et les ratages. Là où réside un écart entre le mot et la chose, entre les mots eux-mêmes, qui laisse inentamé l’idéal d’un autre dire possible. Parler l’invisible ou s’efforcer à parler de ce qui ne se parle pas.
Martin Hervé, magazine Spirale n°268 (Quebec)
Ainsi, nous assistons à la mise en place d’une performance poétique, performances par essence éphémères où la poésie se fait objet. Ainsi se présente ce recueil de brisures. Brisures d’évocation, de suggestions, de voix, de cris, de fantasmes, d’histoire, brisures de vie dont on sait d’emblée que les réponses sont déjà évaporées sur un guéridon.
Marie Jejcic, La Revue Lacanienne, novembre 2018
Des indicatifs passent alternant recettes ou préceptes, dispersant les effets d’une décoction réussie, par extraits d’une collecte occulte. Nous sommes dans une communauté et nous en sommes les observateurs. Mots qui ne s’adressent pas au seul lecteur, il se devine accompagné d’un groupe ou d’un chœur d’écoute. La litanie restitue ces lourds instants collectifs auprès des tables tournantes.
Jacques Bonnaffé, France Culture
Moussempès cinématographie le faux, peint l’interdit et fixe la familière étrangeté (…) Certains des faits sur lesquels revient Colloque des télépathes remontent le temps. Jusqu’aux sœurs Fox spiritistes à l’ère victorienne. Jusqu’aux jeunes starlettes refaites naviguant dans les paradis artificiels hollywoodiens du début des années soixante-dix et les sectes hippies. Et les femmes ordinaires, starlettes du petit écran ou du miroir au foyer, mariées, pour certaines potiches, bien rangées. Jusqu’au plus loin : l’enfance (…) Exprimant les théorèmes de l’étrange dans une ambiance évoquant les premiers Polanski et les derniers Lynch, elle réussit dans certains poèmes à donner voix à l’esprit.
Ritta Baddoura, L’orient Littéraire
En partant d’un fait divers de l’ère victorienne où à Hydesville dans les environs de New-York, les sœurs Fox découvrent le spiritisme, Sandra Moussempès nous entraîne dans un univers de tables qui tournent, convoquant ainsi des épisodes de sa vie d’enfant où l’illusoire le disputait à la réalité d’une figure paternelle prégnante et toujours tellement présente. Je suis là pour voir si tu es là dans les cieux (…) Dans les années 1970, à Hollywood et ailleurs fleurit le flower people. Ce monde marque à jamais la petite fille qui désormais par un jeu d’emboîtement de vies gigogne croise les esprits des hippies, des starlettes en devenir comme des anarchistes de la bande à Baader. Ainsi les sœurs Fox servent de révélateur à l’autrice, toujours au croisement du conscient et de l’inconscient, de la réalité pragmatique et du fantasme, de la photo, du cinéma et de l’écriture, du semblant filtré de l’image et de l’intime.
Eric Louviot, Théâtre de Lisieux, janvier 2018
Le travail sonore de l’auteure, qu’elle a présenté au cours de plusieurs performances ces dernières années – à la Maison de la Poésie ou au Festival Actoral, notamment. Chant, voix, musique et sound design se mêlent pour se constituer en un monde autonome, parallèlement au texte imprimé qu’ils reprennent en partie. L’effet d’étrangeté produit par la voix de Sandra Moussempès induit une approche nouvelle de l’œuvre. Il ne s’agit pas d’illustration secondaire de celle-ci, mais bien plutôt d’un développement différent du même, rattaché à l’écriture à un niveau très profond.
François Crosnier, Poezibao